Hauts-de-France : 4 542 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi en 2025
2 241 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi en 2025 en Bretagne, selon l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs réalisé par l’association GSC et la société Altares. Chaque jour, plus de 6 femmes et hommes se sont retrouvés sans emploi. Si le nombre recule légèrement par rapport à 2024 (- 2,7 %), ce niveau reste très élevé et confirme la persistance de fortes tensions économiques. Pour la deuxième année consécutive, plus de 2 000 pertes d’emploi d’entrepreneurs en Bretagne. Les secteurs de la construction et du commerce, en grande difficulté depuis plusieurs années, sont toujours exposés mais enregistrent un recul des pertes d’emploi.
Une tendance plutôt favorable mais à un niveau qui demeure élevé
Après trois années de hausse continue (+ 62,6 % en 2022, + 19,0 % en 2023, + 14,5 % en 2024), la courbe des pertes d’emploi des entrepreneurs semble enfin reculer. Toutefois, il s’agit d’un plateau historiquement élevé depuis 2015, année de création de l’Observatoire. Pour la deuxième année consécutive, plus de 4 500 dirigeants sont concernés dans les Hauts-de-France.
« Cette apparente stabilisation ne doit en aucun cas nous rassurer : nous restons à un niveau inédit de pertes d’emploi entrepreneurial. Le contexte économique demeure fortement dégradé, marqué par une croissance atone, des tensions géopolitiques persistantes et une instabilité politique durable. Les dirigeants naviguent à vue, dans un climat d’incertitude qui freine l’investissement et fragilise jusqu’aux entreprises les plus solides. Face à cette précarité qui s’installe, notre message ne change pas : il est essentiel d’anticiper les risques et de bien faire connaître les dispositifs de protection existants. L’année 2026 s’annonce déterminante. Les premiers indicateurs restent contrastés et rien ne laisse présager d’amélioration rapide sur les plans économique et politique. Pour les entrepreneurs, les priorités demeurent claires : surveiller étroitement leur trésorerie, maîtriser leurs risques et, surtout, ne pas rester seuls face aux difficultés. » commente Hervé Kermarrec, président de l’association GSC.
En Hauts-de-France, des départements aux trajectoires divergentes

Le Nord concentre, comme chaque année, la majorité des pertes d’emploi de la région avec 2 233 dirigeants touchés en 2025, soit près de la moitié du total régional. Il enregistre cependant un recul de – 3,5 % par rapport à 2024 (2 313), illustrant une certaine amélioration.
Le Pas-de-Calais et l’Oise suivent la même tendance, avec des baisses respectives de – 4,6 % (964) et de – 5,8 % (566).
L’Aisne reste quasi stable, passant de 338 à 340 (+ 0,6 %).
La Somme constitue, à l’inverse, le signal d’alerte de l’année, avec une hausse de 14,9 % (439 pertes d’emploi contre 382 en 2024). Cette progression singulière mérite une attention particulière et dépasse largement l’évolution régionale (- 2,2 %) et nationale (+ 1,0 %).
Des situations contrastées selon les secteurs

La construction, premier secteur touché dans la région avec 1 021 pertes d’emploi en 2025, enregistre un recul significatif de 10,0 %, légèrement plus favorable que la tendance nationale (- 3,0 %). Dans le détail, le bâtiment recule de – 3,7 % (930 dirigeants), tandis que l’immobilier enregistre une chute marquée de – 46,2 % (91), reflet du ralentissement général du marché immobilier post-covid.
Le commerce est également en retrait de 8,0 % (1 039 chefs d’entreprise), un recul plus prononcé qu’à l’échelon national. Le commerce de détail enregistre une baisse de 11,4 %, quand le commerce de gros, lui, progresse de 8,6 %.
La situation du secteur de l’hébergement, restauration, débits de boissons connaît une forte dégradation, avec une hausse de 18,7 % (851 entrepreneurs concernés). Et ce sont les professionnels de la restauration qui sont les plus impactés, puisqu’ils concentrent à eux-seuls plus de huit situations de « chômage » sur dix dans le secteur (682 ; + 19,2 %).
Les services aux entreprises restent sous pression, avec une progression de 10,1 % (502). Ces activités, dépendantes de la santé financière de leurs donneurs d’ordre, subissent un effet de contagion des difficultés observées dans d’autres secteurs.
Le transport et la logistique affiche en revanche une bonne résistance, avec un repli de – 19,8 % (178), notamment grâce au transport routier de marchandises, en baisse de – 30,6 %.
L’information et la communication recule de 17,2 % (101 dirigeants), signe d’un certain assainissement dans ces secteurs après plusieurs années de croissance des créations.
Très petites entreprises : une vulnérabilité structurelle persistante
Plus de 7 entrepreneurs touchés sur 10, dirigeaient une structure de moins de 3 salariés (3 127). Ces très petites entreprises concentrent l’essentiel des difficultés : manque de trésorerie, vulnérabilité face aux impayés ou aux bouleversements de marché. Elles n’ont ni les marges de manœuvre financières ni les équipes pour absorber les chocs. En 2025, la situation demeure particulièrement tendue : l’activité reste insuffisante et les niveaux de chiffre d’affaires ne permettent pas toujours de couvrir les charges fixes.
L’âge médian des entrepreneurs ayant perdu leur emploi en Hauts-de-France diminue légèrement, passant de 45,8 ans en 2024 à 44,9 ans en 2025.
Pour Thierry Millon, Directeur des études Altares : « Les cinq dernières années d’instabilité économique permanente ont fini par épuiser les ressources morales et financières de nombreux dirigeants. En 2025, près de 61 500 entrepreneurs ont dû se résoudre à liquider leur société, un niveau jamais atteint. Et le début de l’année 2026 ne laisse guère de répit : 6 400 défaillances ont été enregistrées rien qu’en janvier, là encore un record. Les dirigeants de TPE sont particulièrement exposés. Un choc financier, professionnel et familial dont on ne ressort pas indemne, d’autant que les mentalités sur l’échec entrepreneurial évoluent lentement. Pourtant, le droit à la seconde chance constitue un enjeu essentiel, humain autant qu’économique. Aider les entrepreneurs à rebondir, c’est permettre de mettre à profit leur expérience au service du dynamisme des filières et des territoires, et ainsi renforcer la vitalité économique globale. »
Télécharger l’infographie complète
Méthodologie
Les données sont issues de l’analyse des entreprises, hors sociétés civiles et associations, placées directement, par conversion ou par résolution du plan en liquidation judiciaire par le Tribunal de Commerce ou Judiciaire. Ne sont pas intégrées les procédures de fermeture ou dissolution à l’amiable de même que les révocations des mandataires sociaux.
À propos de l’association GSC
Depuis plus de 45 ans, la GSC est la réponse élaborée par les organisations patronales face au besoin de protection chômage des chefs d’entreprise et indépendants. L’association GSC est l’association qui a souscrit le contrat d’assurance de groupe GSC auprès d’un pool d’assureurs (Groupama, Allianz, Generali, SMABTP). Elle est administrée par le Medef, la CPME et l’U2P qui l’ont conçue en 1979. Elle veille aux intérêts des dirigeants affiliés au régime. La gestion du régime a été confiée à Groupama – GAN Assurances.
À propos d’Altares
Altares est l’expert de la donnée d’entreprise, créateur de solutions de pilotage et d’indicateurs de la santé économique et extra-financière des entreprises et des organismes publics, au sein de leur écosystème.
Grâce à ses outils et ses informations, Altares aide les responsables des structures privées et publiques, de toute taille et de tout secteur d’activité, à prendre sereinement des décisions éclairées.
Partenaire exclusif en France, au Benelux et au Maghreb de Dun & Bradstreet, 1er réseau international d’informations sur les entreprises, Altares s’appuie sur une base de données mondiale de plus de 550 millions d’entités légales (dont 11 millions en France) pour aider les acteurs économiques à se développer durablement, en intégrant, entre autres, les enjeux essentiels de conformité et de RSE.
Contact presse – Agence CorioLink
Léa Broussard – lea.broussard@coriolink.com – 07 60 42 57 54
