Nouvelle-Aquitaine : 5 724 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi en 2025
5 724 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi en 2025 en Nouvelle-Aquitaine, selon l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs réalisé par l’association GSC et la société Altares. Chaque jour, plus de 15 femmes et hommes se sont retrouvés sans emploi dans la région. La hausse se poursuit par rapport à 2024 (+ 10,8 %) pour atteindre un niveau historiquement élevé qui confirme la persistance de fortes tensions économiques.
- Pour la deuxième année consécutive, plus de 5 000 pertes d’emploi d’entrepreneurs en Nouvelle-Aquitaine.
- Les secteurs du commerce et de la construction, en grande difficulté depuis plusieurs années, sont toujours exposés.
- Les dirigeants de TPE de moins de 3 salariés sont particulièrement impactés.
La hausse perdure en Nouvelle-Aquitaine
Après trois années de hausse continue (+ 37,5 % en 2022, + 35,5 % en 2023, + 14,9 % en 2024), la courbe des pertes d’emploi des entrepreneurs continue de croître. Il s’agit d’un plateau historiquement élevé depuis 2015, année de création de l’Observatoire. Pour la deuxième année consécutive, plus de 5 000 dirigeants sont concernés.
« Cette apparente stabilisation ne doit en aucun cas nous rassurer : nous restons à un niveau inédit de pertes d’emploi entrepreneurial. Le contexte économique demeure fortement dégradé, marqué par une croissance atone, des tensions géopolitiques persistantes et une instabilité politique durable. Les dirigeants naviguent à vue, dans un climat d’incertitude qui freine l’investissement et fragilise jusqu’aux entreprises les plus solides. Face à cette précarité qui s’installe, notre message ne change pas : il est essentiel d’anticiper les risques et de bien faire connaître les dispositifs de protection existants. L’année 2026 s’annonce déterminante. Les premiers indicateurs restent contrastés et rien ne laisse présager d’amélioration rapide sur les plans économique et politique. Pour les entrepreneurs, les priorités demeurent claires : surveiller étroitement leur trésorerie, maîtriser leurs risques et, surtout, ne pas rester seuls face aux difficultés. » commente Hervé Kermarrec, président de l’association GSC.
Tous les territoires sont impactés
En 2025, la situation des entrepreneurs est préoccupante dans une grande majorité de départements en Nouvelle-Aquitaine. La quasi-totalité connaissent une augmentation du nombre d’entrepreneurs en situation de « chômage ».
La Gironde est le département le plus touché, avec 1 956 chefs d’entreprise ayant perdu leur emploi, contre 1 729 en 2024 (+ 13,1 %), suivi par la Charente-Maritime avec 676 dirigeants impactés, soit une hausse de 22,7 % en un an.
La Creuse enregistre la plus importante augmentation avec + 87,3 % en un an, soit 118 pertes d’emploi de chefs d’entreprise en un an.
En Charente, 267 entrepreneurs sont concernés (+ 1,9 %), tandis qu’en Dordogne, 346 chefs d’entreprise ont cessé leur activité en un an (+ 10,5 %). Ils sont 424 à avoir connu cette situation dans les Landes (+ 7,3 %).
Les Pyrénées Atlantiques, les Deux-Sèvres et le Lot-et-Garonne comptent respectivement 562 (+ 1,3 %) et 228 (+ 6,5 %), 311 (+ 12,7 %) entrepreneurs ayant perdu leur emploi.
La Haute-Vienne connaît une augmentation de 2,2 % (364) et la Vienne une progression de 16,1 % (295).
Seul le département de la Corrèze voit son nombre d’entrepreneurs en situation de « chômage » diminuer : – 11,5 % (177).

En Nouvelle-Aquitaine, des situations contrastées selon les secteurs
Le secteur du commerce concentre, à lui seul, plus d’une perte d’emploi sur cinq en 2025. Après plusieurs années de forte dégradation, la situation est toujours délicate (+ 6,7 %). Dans le détail, la vente et la réparation automobile enregistrent la hausse la plus importante du secteur (+ 19,7 %).
Dans la construction, la situation continue de se détériorer. La région comptabilise 1 384 pertes d’activité soit + 8,2 %. En revanche, les professionnels de l’immobilier – durement touchés par le ralentissement du marché immobilier post-covid – montrent une évolution particulièrement favorable (- 40,1 %).
La situation du secteur de l’hébergement, restauration, débits de boissons reste défavorable avec une hausse de 13,9 %, soit 911 entrepreneurs concernés. Et ce sont les professionnels de la restauration qui sont les plus impactés, puisqu’ils concentrent à eux-seuls près de huit situations de « chômage » sur dix dans le secteur (724 ; + 14,6 %).
Les services aux entreprises et le secteur de l’industrie restent sous pression avec respectivement + 15,1 % (656 dirigeants concernées) et + 18 % (446). Ces activités, dépendantes de la santé financière de leurs donneurs d’ordre, pourraient subir un effet domino si la conjoncture ne s’améliore pas.

Très petites entreprises : une vulnérabilité structurelle persistante
Près de 7 entrepreneurs touchés sur 10, dirigeaient une structure de moins de 3 salariés (3 960). Ces très petites entreprises concentrent l’essentiel des difficultés : manque de trésorerie, vulnérabilité face aux impayés ou aux bouleversements de marché. Elles n’ont ni les marges de manœuvre financières ni les équipes pour absorber les chocs. En 2025, la situation demeure particulièrement tendue : l’activité reste insuffisante et les niveaux de chiffre d’affaires ne permettent pas toujours de couvrir les charges fixes.
L’âge moyen des entrepreneurs ayant perdu leur emploi en Nouvelle-Aquitaine diminue très légèrement, passant de 47,2 ans en 2024 à 46,9 ans en 2025.
Pour Thierry Millon, Directeur des études Altares : « Les cinq dernières années d’instabilité économique permanente ont fini par épuiser les ressources morales et financières de nombreux dirigeants. En 2025, près de 61 500 entrepreneurs ont dû se résoudre à liquider leur société, un niveau jamais atteint. Et le début de l’année 2026 ne laisse guère de répit : 6 400 défaillances ont été enregistrées rien qu’en janvier, là encore un record. Les dirigeants de TPE sont particulièrement exposés. Un choc financier, professionnel et familial dont on ne ressort pas indemne, d’autant que les mentalités sur l’échec entrepreneurial évoluent lentement. Pourtant, le droit à la seconde chance constitue un enjeu essentiel, humain autant qu’économique. Aider les entrepreneurs à rebondir, c’est permettre de mettre à profit leur expérience au service du dynamisme des filières et des territoires, et ainsi renforcer la vitalité économique globale. »
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Méthodologie
Les données sont issues de l’analyse des entreprises, hors sociétés civiles et associations, placées directement, par conversion ou par résolution du plan en liquidation judiciaire par le Tribunal de Commerce ou Judiciaire. Ne sont pas intégrées les procédures de fermeture ou dissolution à l’amiable de même que les révocations des mandataires sociaux.
À propos de l’association GSC
Depuis plus de 45 ans, la GSC est la réponse élaborée par les organisations patronales face au besoin de protection chômage des chefs d’entreprise et indépendants. L’association GSC est l’association qui a souscrit le contrat d’assurance de groupe GSC auprès d’un pool d’assureurs (Groupama, Allianz, Generali, SMABTP). Elle est administrée par le Medef, la CPME et l’U2P qui l’ont conçue en 1979. Elle veille aux intérêts des dirigeants affiliés au régime. La gestion du régime a été confiée à Groupama – GAN Assurances.
À propos d’Altares
Altares est l’expert de la donnée d’entreprise, créateur de solutions de pilotage et d’indicateurs de la santé économique et extra-financière des entreprises et des organismes publics, au sein de leur écosystème.
Grâce à ses outils et ses informations, Altares aide les responsables des structures privées et publiques, de toute taille et de tout secteur d’activité, à prendre sereinement des décisions éclairées.
Partenaire exclusif en France, au Benelux et au Maghreb de Dun & Bradstreet, 1er réseau international d’informations sur les entreprises, Altares s’appuie sur une base de données mondiale de plus de 600 millions d’entités légales (dont 11 millions en France) pour aider les acteurs économiques à se développer durablement, en intégrant, entre autres, les enjeux essentiels de conformité et de RSE.
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