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Chiffres 2025 de l’Observatoire Île-de-France

Île-de-France : 14 319 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi en 2025

14 319 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi en 2025 en Île-de-France, selon l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs réalisé par l’association GSC et la société Altares. Chaque jour, plus de 39 femmes et hommes se sont retrouvés sans emploi. Avec une légère progression de + 0,6 % par rapport à 2024, l’Île-de-France concentre près d’un quart des pertes d’emploi observées à l’échelle nationale. Si l’évolution régionale reste contenue, elle contraste avec la stabilisation observée dans d’autres territoires et cache de très fortes disparités entre secteurs et entre départements. Pour la deuxième année consécutive, plus de 14 000 pertes d’emploi d’entrepreneurs en Île-de-France.La construction enregistre un recul significatif, tandis que les services aux entreprises, le transport et logistique, et l’hébergement, restauration, débits de boissons subissent une pression croissante.

 

Un niveau très élevé mais cependant une tendance qui marque le pas après trois années de forte augmentation

Après trois années de hausse marquée (+ 21,0 % en 2022, + 36,7 % en 2023, + 25,2 % en 2024), la courbe des pertes d’emploi des entrepreneurs semble enfin se stabiliser. Toutefois, il s’agit d’un plateau historiquement élevé depuis 2015, année de création de l’Observatoire. Pour la deuxième année consécutive, plus de 14 000 dirigeants sont concernés en Île-de-France.

Première région économique du pays, elle subit mécaniquement les effets des tensions observées à l’échelle nationale, tout en reflétant des dynamiques sectorielles propres à une économie de services très développée et très concentrée.

« Cette apparente stabilisation ne doit en aucun cas nous rassurer : nous restons à un niveau inédit de pertes d’emploi entrepreneurial. Le contexte économique demeure fortement dégradé, marqué par une croissance atone, des tensions géopolitiques persistantes et une instabilité politique durable. Les dirigeants naviguent à vue, dans un climat d’incertitude qui freine l’investissement et fragilise jusqu’aux entreprises les plus solides. Face à cette précarité qui s’installe, notre message ne change pas : il est essentiel d’anticiper les risques et de bien faire connaître les dispositifs de protection existants. L’année 2026 s’annonce déterminante. Les premiers indicateurs restent contrastés et rien ne laisse présager d’amélioration rapide sur les plans économique et politique. Pour les entrepreneurs, les priorités demeurent claires : surveiller étroitement leur trésorerie, maîtriser leurs risques et, surtout, ne pas rester seuls face aux difficultés. » commente Hervé Kermarrec, président de l’association GSC.

 

En Île-de-France, des départements aux trajectoires divergentes

 

Paris concentre 4 315 pertes d’emploi en 2025, en hausse de + 11,4 % par rapport à 2024 (3 872). La densité économique de la capitale, associée à la pression sur les loyers commerciaux et à la concurrence exacerbée dans les secteurs de services, explique en grande partie cette progression, singulièrement à rebours de la tendance régionale.

L’Essonne enregistre la plus forte hausse de la région avec + 24,7 % (1 261 chefs d’entreprise concernés), un signal préoccupant pour ce territoire à fort tissu industriel et de services.

Les Yvelines restent quasi stables avec + 0,3 % (1 074), dans la lignée de l’évolution régionale.

À l’opposé, cinq départements enregistrent une baisse des pertes d’emploi.

Les Hauts-de-Seine affichent un recul de – 10,9 % (1 170), de même que la Seine-Saint-Denis avec – 8,7 % (2 218) et la Seine-et-Marne avec – 8,8 % (2 031).

Le Val-d’Oise recule de – 3,0 % (1 046), et le Val-de-Marne de – 1,7 % (1 204).

 

Des situations contrastées selon les secteurs

 

La construction, second poste de pertes d’emploi en Île-de-France avec 3 421 cas en 2025, enregistre un repli de 13,5 %. Dans le détail, le bâtiment recule de 8,7 % (3 071 entreprises concernées). Les professionnels de l’immobilier – durement touchés par le ralentissement du marché immobilier post-covid – enregistrent en 2025 un recul marqué des pertes d’activité (- 40,9 %).

Le commerce résiste mieux qu’ailleurs, avec une quasi-stabilisation à – 1,6 % (2 768 dirigeants). Le commerce de détail recule de – 4,7 % (1 345), et le commerce de gros de – 5,8 % (813), tandis que le commerce et la réparation automobile progresse de + 13,4 %, en partie en lien avec les mutations du secteur.

Les services aux entreprises restent sous pression avec une hausse de + 7,6 % (2 428). Ces activités, dépendantes de la santé financière de leurs donneurs d’ordre, pourraient subir un effet domino si la conjoncture ne s’améliore pas.

La situation du secteur de l’hébergement, restauration, débits de boissons reste défavorable, avec une hausse de 9 %, soit 1 501 entrepreneurs concernés. Et ce sont les professionnels de la restauration qui sont les plus impactés, puisqu’ils concentrent à eux-seuls près de neuf situations de « chômage » sur dix dans le secteur (1 347 ; + 7,1 %).

Le transport et la logistique connaissent une forte hausse de + 14,2 % (1 325 entrepreneurs), supérieure à la tendance nationale. Les activités de transport, autres que routier, progressent de + 39,2 % (660), reflétant des fragilités dans des niches de marché concurrentielles – notamment le transport médical, les taxis et les VTC.

La situation dans les activités financières et d’assurance est défavorable puisque les pertes d’emploi progressent de + 23,0 %.

Très petites entreprises : une vulnérabilité structurelle persistante

Près de 7 entrepreneurs touchés sur 10, dirigeaient une structure de moins de 3 salariés (9 693). Ces très petites entreprises concentrent l’essentiel des difficultés : manque de trésorerie, vulnérabilité face aux impayés ou aux bouleversements de marché. Elles n’ont ni les marges de manœuvre financières ni les équipes pour absorber les chocs. En 2025, la situation demeure particulièrement tendue : l’activité reste insuffisante et les niveaux de chiffre d’affaires ne permettent pas toujours de couvrir les charges fixes.

L’âge médian des entrepreneurs ayant perdu leur emploi en Île-de-France augmente légèrement, passant de 46,8 ans en 2024 à 46,7 ans en 2025.

Pour Thierry Millon, Directeur des études Altares : « Les cinq dernières années d’instabilité économique permanente ont fini par épuiser les ressources morales et financières de nombreux dirigeants. En 2025, près de 61.500 entrepreneurs ont dû se résoudre à liquider leur société, un niveau jamais atteint. Et le début de l’année 2026 ne laisse guère de répit : 6.400 défaillances ont été enregistrées rien qu’en janvier, là encore un record. Les dirigeants de TPE sont particulièrement exposés. Un choc financier, professionnel et familial dont on ne ressort pas indemne, d’autant que les mentalités sur l’échec entrepreneurial évoluent lentement. Pourtant, le droit à la seconde chance constitue un enjeu essentiel, humain autant qu’économique. Aider les entrepreneurs à rebondir, c’est permettre de mettre à profit leur expérience au service du dynamisme des filières et des territoires, et ainsi renforcer la vitalité économique globale. »

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Méthodologie

Les données sont issues de l’analyse des entreprises, hors sociétés civiles et associations, placées directement, par conversion ou par résolution du plan en liquidation judiciaire par le Tribunal de Commerce ou Judiciaire. Ne sont pas intégrées les procédures de fermeture ou dissolution à l’amiable de même que les révocations des mandataires sociaux.


À propos de l’association GSC

Depuis plus de 45 ans, la GSC est la réponse élaborée par les organisations patronales face au besoin de protection chômage des chefs d’entreprise et indépendants. L’association GSC est l’association qui a souscrit le contrat d’assurance de groupe GSC auprès d’un pool d’assureurs (Groupama, Allianz, Generali, SMABTP). Elle est administrée par le Medef, la CPME et l’U2P qui l’ont conçue en 1979. Elle veille aux intérêts des dirigeants affiliés au régime. La gestion du régime a été confiée à Groupama – GAN Assurances.

 

À propos d’Altares

Altares est l’expert de la donnée d’entreprise, créateur de solutions de pilotage et d’indicateurs de la santé économique et extra-financière des entreprises et des organismes publics, au sein de leur écosystème. Grâce à ses outils et ses informations, Altares aide les responsables des structures privées et publiques, de toute taille et de tout secteur d’activité, à prendre sereinement des décisions éclairées. Partenaire exclusif en France, au Benelux et au Maghreb de Dun & Bradstreet, 1er réseau international d’informations sur les entreprises, Altares s’appuie sur une base de données mondiale de plus de 600 millions d’entités légales (dont 11 millions en France) pour aider les acteurs économiques à se développer durablement, en intégrant, entre autres, les enjeux essentiels de conformité et de RSE.

 

Contact presse – Agence CorioLink

Léa Broussard – lea.broussard@coriolink.com – 07 60 42 57 54