Grand Est : 4 339 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi en 2025
4 339 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi en 2025 dans le Grand Est, selon l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs réalisé par l’association GSC et la société Altares. Chaque jour, près de 12 femmes et hommes se sont retrouvés sans emploi. Si la hausse se poursuit par rapport à 2024 (+ 3,1 %), le rythme de progression reste toutefois nettement plus modéré que lors des années précédentes. Ce niveau élevé confirme la persistance de fortes tensions économiques. Pour la deuxième année consécutive, plus de 4 000 pertes d’emploi d’entrepreneurs dans le Grand Est. Les secteurs de la construction et du commerce, en grande difficulté depuis plusieurs années, sont toujours exposés mais la situation d’améliore.
Après trois années de forte augmentation, la hausse se poursuit en Grand Est mais ralentit
Après trois années de hausse marquée (+ 29,7 % en 2022, + 31,9 % en 2023, + 13,3 % en 2024), la progression des pertes d’emploi des entrepreneurs tend à ralentir mais continue de progresser. Le niveau atteint reste toutefois historiquement élevé depuis 2015, année de création de l’Observatoire. Pour la deuxième année consécutive, plus de 4 000 dirigeants sont concernés en Grand Est.
« Cette apparente stabilisation ne doit en aucun cas nous rassurer : nous restons à un niveau inédit de pertes d’emploi entrepreneurial. Le contexte économique demeure fortement dégradé, marqué par une croissance atone, des tensions géopolitiques persistantes et une instabilité politique durable. Les dirigeants naviguent à vue, dans un climat d’incertitude qui freine l’investissement et fragilise jusqu’aux entreprises les plus solides. Face à cette précarité qui s’installe, notre message ne change pas : il est essentiel d’anticiper les risques et de bien faire connaître les dispositifs de protection existants. L’année 2026 s’annonce déterminante. Les premiers indicateurs restent contrastés et rien ne laisse présager d’amélioration rapide sur les plans économique et politique. Pour les entrepreneurs, les priorités demeurent claires : surveiller étroitement leur trésorerie, maîtriser leurs risques et, surtout, ne pas rester seuls face aux difficultés. » commente Hervé Kermarrec, président de l’association GSC.
En Grand Est, des départements aux trajectoires divergentes

Le Bas-Rhin est le territoire le plus touché, avec 1 007 chefs d’entreprise ayant perdu leur emploi (+ 8,2 %). Deux autres départements connaissent également de fortes difficultés : les Vosges et la Moselle. Ils enregistrent les hausses les plus sévères avec respectivement + 16,0 % (334) et + 15,5 % (784). La Marne (+ 5,8 % ; 439) et l’Aube (+ 5,1 % ; 248) affichent aussi une hausse du nombre de dirigeants se retrouvant sans activité.
À l’inverse, cinq départements voient ces situations reculer.
La Meurthe-et-Moselle totalise 521 pertes d’activité d’entrepreneurs, soit une baisse de 5,3 %. Dans le Haut-Rhin, 613 dirigeants sont concernés (- 7,0 %). Les Ardennes et la Haute-Marne comptabilisent 169 (- 8,2 %) et 96 (- 8,6 %) cas. La Meuse présente la situation la plus favorable, avec un recul de 20,5 % des pertes d’activité en 2025 (128 dirigeants concernés).
Des situations contrastées selon les secteurs

Le secteur de la construction concentre, à lui seul, près d’un quart (24,9 %) du total des pertes d’emploi en 2025 (4 339). Après plusieurs années de forte dégradation, cela témoigne d’une amélioration (- 6,2 %), même si le contexte reste fragile. De leur côté, les professionnels de l’immobilier – durement touchés par le ralentissement du marché immobilier post-covid – enregistrent en 2025 un recul marqué des pertes d’activité (- 62,7 %).
Dans le commerce, on observe également quelques signes d’amélioration (+ 1,5 % ; 1 029). Dans le détail, le commerce de gros montre une évolution favorable (- 8,5 %).
La situation du secteur de l’hébergement, restauration, débits de boissons reste défavorable, avec une hausse de 10,4 %, soit 647 entrepreneurs concernés. Et ce sont les professionnels de la restauration qui sont les plus impactés, puisqu’ils concentrent à eux-seuls près de huit situations de « chômage » sur dix dans le secteur (506 ; + 5 %).
Le secteur industriel reste sous pression (+ 12,8 %) mais la situation apparaît finalement un peu moins alarmante que prévu alors que l’on pouvait craindre de très fortes difficultés pour ces métiers.
L’agriculture est en difficulté, enregistrant une hausse de 33,9 % des pertes d’emploi, tout comme les activités d’assurance et financières (+ 15,4 %).
À l’inverse, le transport et la logistique, pour leur part, résistent bien (- 9,2 %).
Très petites entreprises : une vulnérabilité structurelle persistante
Près de 7 entrepreneurs touchés sur 10, dirigeaient une structure de moins de 3 salariés (2 833). Ces très petites entreprises concentrent l’essentiel des difficultés : manque de trésorerie, vulnérabilité face aux impayés ou aux bouleversements de marché. Elles n’ont ni les marges de manœuvre financières ni les équipes pour absorber les chocs. En 2025, la situation demeure particulièrement tendue : l’activité reste insuffisante et les niveaux de chiffre d’affaires ne permettent pas toujours de couvrir les charges fixes.
L’âge médian des entrepreneurs ayant perdu leur emploi en Grand Est diminue, passant de 47 ans en 2024 à 46,3 ans en 2025.
Pour Thierry Millon, Directeur des études Altares : « Les cinq dernières années d’instabilité économique permanente ont fini par épuiser les ressources morales et financières de nombreux dirigeants. En 2025, près de 61 500 entrepreneurs ont dû se résoudre à liquider leur société, un niveau jamais atteint. Et le début de l’année 2026 ne laisse guère de répit : 6 400 défaillances ont été enregistrées rien qu’en janvier, là encore un record. Les dirigeants de TPE sont particulièrement exposés. Un choc financier, professionnel et familial dont on ne ressort pas indemne, d’autant que les mentalités sur l’échec entrepreneurial évoluent lentement. Pourtant, le droit à la seconde chance constitue un enjeu essentiel, humain autant qu’économique. Aider les entrepreneurs à rebondir, c’est permettre de mettre à profit leur expérience au service du dynamisme des filières et des territoires, et ainsi renforcer la vitalité économique globale. »
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Méthodologie
Les données sont issues de l’analyse des entreprises, hors sociétés civiles et associations, placées directement, par conversion ou par résolution du plan en liquidation judiciaire par le Tribunal de Commerce ou Judiciaire. Ne sont pas intégrées les procédures de fermeture ou dissolution à l’amiable de même que les révocations des mandataires sociaux.
À propos de l’association GSC
Depuis plus de 45 ans, la GSC est la réponse élaborée par les organisations patronales face au besoin de protection chômage des chefs d’entreprise et indépendants. L’association GSC est l’association qui a souscrit le contrat d’assurance de groupe GSC auprès d’un pool d’assureurs (Groupama, Allianz, Generali, SMABTP). Elle est administrée par le Medef, la CPME et l’U2P qui l’ont conçue en 1979. Elle veille aux intérêts des dirigeants affiliés au régime. La gestion du régime a été confiée à Groupama – GAN Assurances.
À propos d’Altares
Altares est l’expert de la donnée d’entreprise, créateur de solutions de pilotage et d’indicateurs de la santé économique et extra-financière des entreprises et des organismes publics, au sein de leur écosystème.
Grâce à ses outils et ses informations, Altares aide les responsables des structures privées et publiques, de toute taille et de tout secteur d’activité, à prendre sereinement des décisions éclairées.
Partenaire exclusif en France, au Benelux et au Maghreb de Dun & Bradstreet, 1er réseau international d’informations sur les entreprises, Altares s’appuie sur une base de données mondiale de plus de 550 millions d’entités légales (dont 11 millions en France) pour aider les acteurs économiques à se développer durablement, en intégrant, entre autres, les enjeux essentiels de conformité et de RSE.
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